Santé publique
20 000 morts par an en raison d’accidents de la vie courante
[hopital.fr] Chutes, noyades, intoxications, incendies… Près de 20 000 personnes meurent chaque année en France d'accidents de la vie courante (AcVC) selon le bilan de l'Institut de veille sanitaire (InVS) publié dans son Bulletin épidémiologique hebdomadaire du 18 juillet.
Ces drames du quotidien, qui représente 3,7 % de la mortalité totale en 2008, sont définis comme des traumatismes non intentionnels qui ne sont ni des accidents de la route ni des accidents du travail. Ils sont cinq fois plus meurtriers que les accidents de la route et vingt fois plus que les accidents du travail justement.
Les personnes âgées paient le plus lourd tribut
Parmi les 19 703 décès par AcVC recensés par la InVS en 2008 en France métropolitaine, 49, 8 % concernaient des femmes et 50,2 % des hommes sauf parmi les plus de 65 ans qui concernaient plutôt les femmes. Cela peut s’expliquer par le fait que ces dernières sont plus nombreuses aux âges avancés. Les deux-tiers des décès par AcVC sont survenus chez les 75 ans et plus. Les blessures provoquées étaient principalement situées au niveau de la hanche et de la tête. Dans 49 % des cas, il s’agissait de fractures et dans 28 % d’atteintes aux organes internes. Près de la moitié des décès par AcVC a eu lieu dans un établissement hospitalier (48,5 %) puis à domicile dans un quart des cas (25,3%), dans une maison de retraite dans 9,1 % des cas, sur la voie publique dans 5, 2 % des cas et dans un autre lieu dans 6,4 % des cas. Les décès en 2006-2008 étaient répartis de façon hétérogène selon les régions, la Bretagne enregistrant une très forte mortalité, l’Ile-de-France une beaucoup plus faible.
Tous âges confondus, les chutes ont constitués la première cause de décès par AcVC. On compte 5 563 décès par chute en 2008 si l’on retient seulement la chute comme cause initiale de décès. Plus de trois quart des décès par chute sont survenus chez des personnes âgées de 75 ans et plus, le taux de mortalité croissant avec l’âge. Il était de 63,3/100 000 entre 75 et 84 ans er de 369/100 000 au-delà de 85 ans.
Les suffocations ont provoqué 2 999 décès en 2008. Avant 1 an, elles constituent la première cause de décès par AcVC. Plus de deux tiers des décès sont survenus à partir de 75 ans, le taux de mortalité augmentant fortement à partir de cet âge. Ces décès sont majoritairement liés à l’ingestion d’aliments provoquant l’obstruction des voies respiratoires.
Il ya eu 1 028 décès par noyade accidentelle. Il s’agissait de la première cause de décès par AcVC chez les moins de 25 ans.
Les intoxications ont, quant à elle, provoqué 1 376 décès. Pour près de la moitié, ces décès sont survenus chez les 65 ans et plus. Chez les moins de 15 ans, les décès par intoxication ont été peu nombreux. Plus de deux tiers des intoxications ont eu pour cause des médicaments (prises accidentelles ou erreurs de prescription), les autres étant dues à d’autres substances comme le gaz.
Les accidents causés par le feu ont entraîné 476 décès. Près de la moitié des décédés avait entre 25 et 64 ans mais les taux les plus élevés ont été trouvés chez les 45 ans et plus.
La mortalité des moins de 15 ans est en baisse
Dans l'ensemble, l'évolution est plutôt positive. Entre 2000 et 2008 le taux de mortalité annuel a diminué de 2,8 % en moyenne. Et si le nombre des décès augmente en valeur absolue au cours des trois dernières années (passant de 18 549 en 2006 à 19 703 en 2008), cette hausse s'explique par le vieillissement de la population. Les personnes âgées, qui sont les plus exposées au risque, sont en effet de plus en plus nombreuses.
En fait, c'est surtout chez les moins de 15 ans que les progrès ont été les plus sensibles : de 358 en 2000, le nombre de décès est passé à 254 en 2008, soit une diminution annuelle de 5,7 % par an en moyenne. Certes, l'objectif de la loi de santé publique de 2004, qui visait à réduire de moitié la mortalité par AcVC des enfants de moins de 15 ans entre 2004 et 2008, n'a pas été atteint, puisque la baisse n'est que de 11 %. Mais ce résultat est déjà un premier effet des mesures de prévention, notamment vis-à-vis des morts par noyade, qui ont baissé d'un tiers sur la période (122 morts en 2003, contre 70 en 2008).
Les détecteurs à incendie seront bientôt obligatoires dans les logements. Or tous les pays qui ont adopté cette mesure ont vu le nombre de victimes d'incendies domestiques diminuer de moitié en dix ans.
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