Marseille
L'Assistance publique-Hôpitaux de Marseille atteint les 100 greffes de rein par an
[hopital.fr] Comme le montre l'exemple de l'Assistance publique-Hôpitaux de Marseille, la transplantation d'organes se développe en France. Mais faute d'un nombre suffisant de donneurs, elle se heurte aujourd'hui à certaines limites.
Signe du développement des transplantations d'organes, l'Assistance publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM) a réalisé, pour la première fois en 2008, 100 greffes de rein au cours de la même année. Celles-ci ont été menées à bien par le pôle d'urologie-néphrologie de l'hôpital de la Conception.
L'AP-HM a déjà une longue expérience en la matière, avec un certain nombre de premières médicales, puisque la première greffe pédiatrique du foie en France y a été réalisée en 1986. En avril dernier, le CHU a également réalisé la première greffe française de cornée artificielle. Enfin, personne n'a oublié Emmanuel Vitria, l'un des tout premiers greffés du cœur français, opéré à Marseille en 1968 et qui vécut pendant vingt ans avec son nouveau cœur. Aujourd'hui, outre les greffes du rein, le l'AP-HM réalise également, de façon régulière, des greffes du cœur, du poumon, du cœur-poumon et du foie.
L'activité de transplantation déployée à l'AP-HM est représentative du développement des greffes, assurées en France uniquement dans les CHU. Le dernier rapport annuel de l'Agence de la biomédecine - organisme chargé notamment de coordonner les activités de prélèvement d'organes et de transplantation - montre ainsi que 4.620 greffes ont été réalisées en 2008. En cinq ans, ce chiffre a progressé de 35% (3 409 greffes en 2003). La greffe du rein constitue l'opération la plus fréquente (2 937 transplantation en France en 2008), suivie de celles du foie (1 011), du cœur (360), du poumon (196), du pancréas (84), du cœur et des poumons simultanément (19) et de l'intestin (13).
S'ils sont importants, ces chiffres sont cependant loin de répondre encore à la totalité des besoins et le nombre de greffes a plafonné en 2008 (avec même un très léger recul de 0,01% par rapport à 2007). Au 31 décembre 2008 en effet, 8 216 personnes étaient inscrites sur une liste d'attente pour bénéficier d'une greffe. Chaque année, environ 6 000 nouvelles personnes sont ainsi inscrites en liste d'attente. Malgré les progrès thérapeutiques permettant d'attendre plus longtemps une transplantation, 424 personnes inscrites en listes d'attente sont décédées en 2008, faute d'avoir pu bénéficier à temps d'une greffe.
Dans le cas particulier du rein, la France compte encore 35 000 personnes suivant une dialyse, alors que la quasi totalité pourrait bénéficier d'une indication de transplantation. Moins d'un tiers d'entre elles sont d'ailleurs inscrites sur une liste d'attente.
La difficulté vient du manque de greffons (organes à greffer). Avec 25,3 prélèvements d'organes sur personnes décédées par million d'habitants, la France se situe pourtant parmi les premiers pays préleveurs. Seuls trois pays affichent des taux supérieurs (Espagne, Portugal et Belgique) et des pays comme l'Allemagne ou l'Angleterre ne réalisent qu'environ 15 prélèvements par million d'habitants. Mais les prélèvements sur donneur vivant, pour certains organes doubles comme le rein, y sont beaucoup plus développés, alors qu'il ne représentent qu'une source de greffon très limitée en France. Ils ne présentent pourtant pratiquement plus de risques pour le donneur. D'autres pistes sont donc explorées, sous le contrôle de l'Agence de la biomédecine, comme l'extension des prélèvements - aujourd'hui limités aux personnes en état de mort encéphalique - aux personnes décédées à la suite d'un arrêt cardiaque.
Pour en savoir plus :
www.dondorganes.fr
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