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Une consultation spécifique à la première crise d'épilepsie semble améliorer le délai et la qualité de la prise en charge

[APM] La mise en place d'une consultation spécifique à la première crise d'épilepsie, en collaboration étroite avec les services d'accueil des urgences, semble réduire le délai et améliorer la qualité de la prise en charge, suggèrent les données d'une étude conduite au CHU de Strasbourg.

Ces résultats ont été présentés aux Journées de neurologie de langue française (JNLF) qui se sont tenues la semaine dernière à Lille.

La crise d'épilepsie constitue une cause fréquente de passage aux urgences, entre 0,3 et 1,2% selon les études. Les médecins urgentistes doivent différencier les crises situationnelles, secondaires par exemple à la prise d'un toxique, à une natrémie basse ou à un accident vasculaire cérébral (AVC), qui nécessitent une hospitalisation et une première crise inaugurale d'une maladie épileptique, indique à l'APM le Dr Cécile Saboury, aujourd'hui au CHU de Grenoble.

Après avoir éliminé une cause symptomatique aiguë et, si le patient répond aux critères de sortie sans hospitalisation, les urgentistes doivent l'orienter vers une consultation neurologique mais la prise de rendez-vous est laissée le plus souvent à l'initiative du patient.

Au service de neurologie du CHU de Strasbourg, "au quotidien, nous recevions des appels des urgences, ce qui nous obligeait à faire des allers-retours avec les urgences et morcelait notre travail", raconte le Dr Saboury.

"Nous avons donc proposé aux urgentistes de mettre en place cette consultation limitée aux patients présentant une première crise potentiellement inaugurale d'une maladie épileptique".

Ces patients sont donc vus par des neurologues spécialistes de l'épilepsie dans les huit jours suivant le passage aux urgences afin de passer un bilan complet destiné à valider le diagnostic et débuter un traitement adapté ou à réorienter les patients le cas échéant.

Le Dr Saboury et ses collègues du CHU de Strasbourg ont colligé de manière prospective les données concernant les patients adressés à cette consultation entre le 22 septembre 2005 et le 18 octobre 2006. "La consultation a été mise en place en septembre 2005 et nous voulions voir l'impact au bout d'un an", indique la neurologue.

Au cours de la période d'étude, 590 patients sont passés aux urgences avec un diagnostic d'épilepsie. Après avoir éliminé les hospitalisations multiples notamment lors des cinq années précédentes, 400 patients passés aux urgences pour une possible première crise d'épilepsie ont été retenus.

Parmi ces 400 patients, 188 ont été vus à la consultation de première crise d'épilepsie, adressés principalement par les urgences (65,5%), mais aussi par les services de médecine (17,4%), de chirurgie (2,6%) et les généralistes (12,7%).

Une tomodensitométrie cérébrale a été réalisée chez 53% des patients et un électro-encéphalogramme (EEG) chez 55% (dont 42% de résultats anormaux).

L'anamnèse et les documents à disposition ont permis de poser un diagnostic lors de la consultation mais un bilan complémentaire en hôpital de jour avec un EEG prolongé et une IRM cérébrale a été réalisé pour 79 patients.

Sur les 188 patients vus, 62 étaient en fait des patients qui avaient déjà eu un diagnostic d'épilepsie, dont 26 n'avaient pas de diagnostic syndromique précis, ce qui a pu être rectifié après le bilan pour 20 d'entre eux.

Selon le poster, un diagnostic d'épilepsie focale a été retenu après la consultation pour 34 patients alors qu'avant, ils n'étaient que 28 à avoir reçu ce diagnostic. De manière similaire, neuf patients ont été diagnostiqués avec une épilepsie généralisée idiopathique après la consultation, contre six avant.

Pour les 126 autres patients, un diagnostic d'épilepsie focale a été retenu dans 24% des cas et d'épilepsie généralisée idiopathique dans 12%. Une crise sur sevrage a été identifiée chez 13% des patients, un malaise d'origine cardiaque chez 23% et des troubles psychiatriques chez 7%.

Le malaise n'a pas pu être étiqueté dans 6% des cas et il était aspécifique dans 8%. Le bilan était normal dans 1%. Enfin, 5% patients ne sont pas venus pour le bilan complémentaire.

ACCES RAPIDE A UN SPECIALISTE

Cette consultation a permis un accès rapide à un spécialiste, ce qui est particulièrement appréciable dans ce type de pathologie associée à de nombreuses erreurs diagnostiques et à de nombreux interdits, commentent les auteurs.

Elle a également permis de poser un diagnostic syndromique précis dans la majorité des cas et de rectifier d'anciens diagnostics. Seuls 24 patients (13%) sont restés sans diagnostic précis à l'issue de la consultation et du bilan.

Enfin, avec un bilan réalisé au cours d'une hospitalisation de jour, cette consultation limite le temps d'hospitalisation classique, souligne le Dr Saboury qui conduit actuellement une analyse des données sur l'année précédant celles présentées, pour confirmer ce bénéfice en termes de temps d'hospitalisation. Les bilans d'épilepsie sont conduits le plus souvent en hospitalisation classique, ajoute-t-elle.

Une consultation de première crise d'épilepsie, en collaboration étroite avec les services d'urgences, semble intéressante à développer afin notamment d'améliorer le délai et la qualité de la prise en charge, concluent les chercheurs.

A la connaissance du Dr Saboury, une consultation similaire existe aux CHU de Grenoble et de Nancy.

ld/cb/APM redaction@apmnews.com

LILLE, 7 avril 2009 (APM)

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