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La greffe de rein peut donner de bons résultats chez les patients VIH+
[APM] La greffe de rein chez les patients infectés par le VIH peut donner des résultats équivalents à ceux des patients VIH-, sous certaines condition d'âge du donneur, de durée d'ischémie froide et d'optimisation de l'immunosuppression, suggère une étude américaine.
L'infection par le VIH était jusqu'à une période récente considérée comme une contre-indication à la transplantation mais la situation évolue, d'une part par nécessité et parce que des études ont montré que certains immunosuppresseurs n'avaient pas un effet négatif sur la progression de la maladie à VIH, rappellent Jayme Locke et ses collègues des Johns Hopkins Medical Institutions à Baltimore.
Concernant la greffe de rein, celle-ci devient d'actualité car avec l'amélioration des traitements du VIH qui permettent à la grande majorité des patients d'avoir une longue espérance de vie, des maladies chroniques et notamment la maladie rénale deviennent de plus importantes. La néphropathie chronique serait responsable de 10% des décès liés au VIH, rappellent-ils.
Pour mieux établir l'intérêt de la greffe de rein, ces chercheurs ont étudié l'ensemble des patients VIH+ ayant bénéficié de cette intervention aux Etats-Unis. Ils ont ainsi comparé 100 patients VIH+ transplantés rénaux et plus de 36.000 transplantés rénaux VIH-.
Globalement il n'y avait pas de différence de survie à un an. Celle-ci s'élevait à 95,4% chez les patients VIH+ et 96,2% chez les VIH-.
En première analyse, en revanche, les chercheurs ont observé une moins bonne survie du greffon à un an, à 87,9% chez les VIH+ contre 94,6% chez les VIH-.
Mais les auteurs ont constaté que plusieurs critères étaient associés à cette moins bonne survie du greffon. C'était le cas des donneurs âgés de plus de 50 ans: la survie du greffon n'était que de 59,9% chez les receveurs VIH+ contre 89,9% chez les VIH-. En revanche, il n'y avait pas de différence quand le donneur avait moins de 50 ans (survie du greffon de respectivement 93,2% et 95,4%).
L'autre principale cause de mauvaise survie du greffon chez les VIH+ était la reprise retardée de la fonction rénale: dans ce cas, la survie du greffon à un an était de 61,1% contre 84,2% chez les VIH-. Là aussi, en absence de reprise retardée de la fonction rénale, il n'y avait aucune différence entre les VIH+ et VIH-.
La reprise retardée de la fonction rénale était liée à une durée prolongée d'ischémie froide du greffon et au fait que le donneur soit décédé, par rapport à un donneur vivant.
De plus, les auteurs estiment que la plus grande susceptibilité des patients VIH+ à la reprise retardée de la fonction rénale pourrait être liée à la néphrotoxicité des immunosuppresseurs inhibiteurs de la calcineurine, qui peut être majorée par une interaction avec les inhibiteurs de protéase (via une interférence dans leur métabolisation par les cytochromes P450).
Ils suggèrent que chez les patients VIH+ candidats à une transplantation, quel que soit l'organe greffé, il serait intéressant de faire préalablement à la greffe un test de quelques semaines pour déterminer la meilleure dose d'immunosuppresseur chez chaque patient.
Ainsi, le résultat globalement moins bon de la greffe rénale chez les patients VIH+ peut être expliqué principalement par seulement deux facteurs, évitables. "Nos résultats suggèrent qu'avec une bonne sélection des donneurs et une bonne prise en charge des receveurs [...] les patients VIH+ bénéficiant d'une greffe de rein peuvent atteindre des survies du greffon comparables à celles des patients VIH-", concluent les chercheurs.
(Archives of Surgery, vol.144, n°1, p.83-86)
fb/san/APM redaction@apmnews.com
WASHINGTON, 28 janvier 2009 (APM)



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