Aller au contenu
Trouver un établissement


Indre

Une maison pluridisciplinaire pour redynamiser l'hôpital local

30.11.2009

[Hospimedia] Avant même la loi HPST, se sont développées des initiatives visant à maintenir une offre de soins de proximité en jouant sur le décloisonnement entre la ville et l’hôpital. C’est le cas de l’hôpital local de Châtillon-sur-Indre (Indre), promoteur d’une maison pluridisciplinaire de garde.

En septembre dernier était inaugurée en grande pompe la maison médicale de garde (maison médicale pluridisciplinaire) de Châtillon-sur-Indre. Cette maison offre la particularité d’accueillir sous le même toit d’un bâtiment de l’hôpital des professionnels libéraux et des praticiens hospitaliers. La partie "publique" accueille des consultations hospitalières "délocalisées" de l’hôpital de Châteauroux, centre hospitalier de référence situé à 50 kilomètres. La partie "privée" ou "libérale" est occupée par des médecins généralistes, des infirmières libérales, un chirurgien-dentiste, un kinésithérapeute, des pédicures-podologues et des médecins du travail. Enfin, une salle relais Samu-urgences a été aménagée au centre de la structure pour prendre en charge les patients en attendant le véhicule du Samu.

Associer les médecins libéraux

De par son montage particulier et l’alliance public-privé, cette maison pluridisciplinaire serait la première structure de ce genre en France. Le projet, arrêté en 2005, n’a pourtant rien du laboratoire expérimental. Il est plus simplement le fruit d’une réflexion pragmatique menée dès 2002 par le directeur de l’hôpital de l’époque, Jean-Pierre Noilhan et son équipe, qui avaient reçu pour mission de leur conseil d’administration de sauver, voire développer, le caractère sanitaire de ce petit hôpital local, alors fort mal en point. Le choix a été fait de positionner l’hôpital sur les soins de suite, très déficitaires dans la région, et sur l’hospitalisation à domicile.

Mais créer des lits (respectivement 30 et 5 pour les deux activités) ne suffisait pas si la permanence des soins n’était pas assurée. "Par mes expériences précédentes, se souvient Jean-Pierre Noilhan, jeune retraité aujourd’hui, je savais que la vraie difficulté pour un hôpital local était de faire venir les médecins libéraux, de les garder et de les impliquer dans la vie de l’hôpital. Pour relancer l’hôpital de Châtillon, il nous fallait donc associer très en amont les médecins libéraux." Il a pu s’appuyer sur Michel Hetroy, libéral et président de la commission médicale de l’hôpital. L’idée d’une maison médicale accueillie au sein de l’hôpital prend alors forme. Celle d’y associer les consultations externes publiques s’impose elle-aussi. "Nous souhaitions favoriser le travail en commun et une certaine osmose entre les différents professionnels de santé, précise Jean-Pierre Noilhan. Nous voulions créer un dispositif susceptible d’être attractif pour de jeunes médecins et professionnels de santé".

Car l’enjeu est également celui de la pérennité. Si à court terme, l’ouverture, la coopération, la volonté et la bonne entente entre les différents acteurs ont permis de regrouper les forces en présence pour relancer l’offre sanitaire de l’hôpital, le projet devait aussi être suffisamment solide et attractif pour assurer, à terme, le renouvellement de ces forces, les hôpitaux locaux ne pouvant survivre que grâce à une présence médicale importante. Le dispositif arrêté en 2005 semble apte à répondre à cet objectif : "le jour de l’inauguration [le 25 septembre dernier, ndlr], un jeune interne s’est dit très intéressé par une formule associant un poste de praticien hospitalier temps partiel avec un exercice libéral, rapporte l’ancien directeur. Les jeunes praticiens ne souhaitent plus s’isoler et se couper de toute équipe médicale, des possibilités de formation, etc." Sur ce terrain, la maison médicale de Châtillon ne semble pas être uniquement une juxtaposition de cabinets de consultation. Jean-Pierre Noilhan souligne la possibilité pour les praticiens libéraux de bénéficier dans certains cas de l’appui des praticiens hospitaliers de Châteauroux, qu’ils soient présents dans les murs ou à distance s’il le faut. La maison pluridisciplinaire a d’ailleurs dans ses cartons un projet de télémédecine.

Trouver un grand frère

L’une des clés de ce projet qui apparaît à ce jour comme une réussite tient aussi dans la conviction du directeur car trop souvent "les hôpitaux locaux pratiquent une autonomie excessive". "Nous n’avons pas les moyens de tout faire, analyse Jean-Pierre Noilhan. Il est donc important de se trouver un "grand frère" avec qui travailler. Nous avions la chance d’avoir de très bonnes relations avec l’hôpital de Châteauroux. Le fait de faire état d’une collaboration étroite avec cet hôpital sur des sujets aussi importants que la qualité ou les consultations externes ont grandement facilité les choses avec les tutelles." Une coopération et des liens qui se sont concrétisés, à la faveur du départ à la retraite de Jean-Pierre Noilhan, par la création d’une direction commune entre les deux hôpitaux.
Positionnement sur les soins de suite, décloisonnement entre secteur public et privé, coopération et travail en réseau avec des établissements de référence, bientôt télémédecine… l’hôpital de Châtillon-sur-Indre a tout du cas d’école sur le thème porteur du maintien et du développement de l’offre de soins sur le territoire. HPST en rêvait, Châtillon-sur-Indre l’avait déjà fait…

Le 27.11.09 - 15:31 www.hospimedia.fr

Bookmark and Share