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La "chirurgie du gène" pour traiter des maladies du muscle d'origine génétique

07.12.2009

[hopital.fr] Une équipe de l’Université de la Méditerranée, en collaboration avec des chercheurs de l’Institut de myologie, vient de démontrer la pertinence d’une technique consistant à « sauter » la partie défectueuse d’un gène pour le traitement d’un groupe de maladies génétiques, les dysferlinopathies.

Les dysferlinopathies sont des dystrophies musculaires dont le point commun est la présence d’anomalies dans une protéine impliquée dans la réparation de la membrane des fibres musculaires, la dysferline. Ces anomalies provoquent une faiblesse musculaire des bras et des jambes, actuellement incurable.

Une publication récente concernant une famille de malades montrait que la mère, très peu atteinte, présentait une différence génétique par rapport à ses filles gravement touchées : l’absence d’une partie d’un gène, l’exon 32, sur l’un des deux chromosomes impliqués dans la maladie. Les chercheurs de l’équipe de Nicolas Lévy ont eu l’idée de reproduire ce « saut d’exon » naturel en laboratoire, afin de voir s’il pourrait permettre de soigner la maladie.

L’exon est la partie codante des gènes. Ces derniers sont en effet constitués d’une partie non codante, les introns, et d’une partie codante, les exons, qui renferment l’information nécessaire à la synthèse de la protéine. Lorsque certains exons sont défectueux, la protéine obtenue l’est aussi. Le saut d’exon consiste à intervenir sur le gène au moment de sa transcription en protéine pour éliminer les exons porteurs d’anomalies génétiques, ce qui permet d’aboutir à une protéine incomplète, mais fonctionnelle.

Le saut d’exon était déjà à l’étude pour le traitement de certaines myopathies. Dans le cas des dysferlinopathies, les chercheurs de l’Université de la Méditerranée ont cherché à reproduire le saut de l’exon 32 en laboratoire. À l’issue de leurs travaux, ils ont pu constater l’absence d’exon 32 dans les cellules traitées, qui étaient également dépourvues de la mutation à l’origine de la dysferlinopathie.

Ces recherches ont ainsi démontré la faisabilité et la pertinence du saut d’exon dans le traitement des dysferlinopathies. La prochaine étape consistera en un essai thérapeutique.

L’avancée de l’équipe de Nicolas Lévy (Université de la Méditerranée), en collaboration avec l’Institut de myologie, a bénéficié du soutien de l’Association française contre les myopathies, grâce aux dons du Téléthon. La dernière édition du Téléthon vient de s’achever : plus de 90 millions d’euros de promesses de dons ont été recueillis lors de l’opération. Comme tous les ans, la campagne de dons se poursuit pendant une semaine, au 36 37 ou sur le site internet du Téléthon.

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