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Maisons de retraite

Toutes les régions ne sont pas égales devant les risques infectieux

14.9.2009

[hopital.fr] L'Institut de veille sanitaire publie les résultats d'une étude sur les taux d'infection dans les maisons de retraite. Celle-ci révèle des écarts importants entre régions, qui tiennent sans doute pour une part à des différences dans les pratiques de prévention.

Cette étude de l'Institut de veille sanitaire (InVS) - réalisée par l'Observatoire du risque infectieux en gériatrie (Orig) - est la première de cette ampleur, couvrant tout le territoire national. Elle porte sur la prévalence (rapport entre le nombre de cas d'une maladie et l'ensemble d'une population) des infections bactériennes et virales parmi les résidents des établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). Publiée aujourd'hui, l'étude s'appuie sur une enquête de terrain réalisée en 2006-2007 sur un échantillon de 45.000 résidents dans 577 établissements répartis dans toute la France. L'âge moyen des personnes incluses dans l'échantillon est de 86 ans (ce qui correspond à l'âge moyen des résidents en maison de retraite) et près de 50% d'entre elles présentent un fort degré de dépendance, ce qui correspond également à la moyenne nationale.

Les établissements concernés ont été enquêtés à cinq périodes différentes sur les deux années de l'étude, afin de tenir compte des effets saisonniers. Les résultats publiés dans le "Bulletin épidémiologique hebdomadaire" de l'InVS apportent des enseignements intéressants. Ils montrent tout d'abord que le taux de prévalence des infections (tous types et toutes périodes confondus) est de 11,2% au niveau national (4,6% de cas confirmés et 6,6% de cas probables). Plus d'une personne âgée sur dix aurait ainsi été touchée par une infection pendant la durée de l'enquête (cinq périodes de deux mois, soit dix mois au total). Ce chiffre est à mettre en regard d'une population que l'âge et la dépendance ont rendue très fragile et pour laquelle une infection peut avoir de graves conséquences.

Mais le plus surprenant reste l'importance des écarts entre territoires. Le taux de prévalence varie ainsi de 4,4% à 16,6% selon les régions. Les taux les plus élevés se situent dans le centre et le sud de la France. Il s'agit là de moyennes sur les cinq phases de l'étude. Si l'on considère isolément une seule période, les écarts sont plus importants encore. Sur la période d'avril à mai 2006, ils vont ainsi de 0% (Picardie) à 12,3% (Auvergne). En novembre-décembre de la même année, la Haute-Normandie et le Nord-Pas-de-Calais affichent un taux de 0%, alors que Provence Alpes Côte d'Azur connaît un taux de 12,1%.

A ce stade, il est difficile de fournir une explication globale à ces écarts géographiques. Les auteurs de l'étude esquissent toutefois quelques hypothèses. Il apparaît ainsi que le pourcentage de résidents vaccinés contre le pneumocoque s'établit à 60% dans le nord de la France, contre seulement 40% au sud. De même, le taux de vaccination des résidents contre la grippe saisonnière s'échelonne de 87 à 98% selon les régions.

Pour plus de renseignements :
http://www.invs.sante.fr/beh/2009/31_32/beh_31_32_2009.pdf

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